Search
  • Nanthilde KAMARA

Vous n'êtes pas un vrai innovateur humanitaire si vous ne connaissez pas ces buzz words

Updated: Jan 30

Cette semaine, je partage avec vous les 10 "buzz words" que tout véritable innovateur ou innovatrice humanitaire doit connaître si il ou elle veut être pris au sérieux.


Pour ceux d'entre vous qui se demandent qui sont les innovateurs humanitaires - il n'est pas trop tard pour le lire mon poste à ce sujet!


1. Automatisation



Vous pensez à un robot dans une usine quand vous entendez parler d'automatisation? Oui, vous avez (presque) raison!


On parle d'automatisation lorsque une technologie permet d'exécuter un processus ou une procédure avec une assistance humaine minimale. En d'autres termes, l'automatisation c'est l'utilisation de la technologie de l'information ou des machines pour prendre en charge des processus et des tâches répétitives, tout en permettant aux hommes de libérer du temps pour faire d'autres choses.


Un très bel exemple dans le secteur humanitaire est l'utilisation de robots permettant d'automatiser certaines taches dans le processus de déminage tout en protégeant la vie des démineurs.

Un autre exemple consiste à automatiser les analyses de données une fois que les données (numériques) sont collectées, grâce à des tableaux de bord ou dashboards.


2. Big data




Le Big Data est un terme générique faisant référence aux grandes quantités de données numériques générées en permanence par la population mondiale. La vitesse et la fréquence de production et de collecte des données sont vertigineuses !


En 2020, 59 zétaoctets de données (1 zétaoctet équivaut à 1 milliard de téraoctets et 1 trilliard de gigaoctets) ont été créés, capturés, copiés et consommés dans le monde alors que seulement 2 zétaoctets étaient générés en 2010. En 2024, on estime que près de 150 zétaoctets seront générés!


Uniquement dans mon domaine de travail, l'utilisation de la technologie mobile pour la collecte de données et la communication génère une grande quantité de données que je dois traiter (mais un grand pourcentage attend encore une analyse): nom, numéros de téléphone, données socio-économiques, consommation alimentaire, sujets et thématiques écoutés etc. Vous multipliez par le nombre de projets numériques et le nombre d'organisations, c'est gigantesque !!


3. Open data ou données ouvertes



Les données ouvertes ou open data en anglais font référence aux données libres de droits d'auteur et qui peuvent être partagées dans le domaine public.


Vous pouvez trouver des plateformes de données ouvertes dans notre secteur telles que Humanitarian Data Exchange (HDX) qui est une plateforme ouverte de partage de données provenant de différents contextes et organisations humanitaires. Très récemment, l'ACAPS a commencé à fournir gratuitement des ensembles de données humanitaires mondiales, bravo!


Beaucoup de matière à réflexion lorsqu’on est confrontés à des droits de propriété dans notre travail quotidien….


4. Copyleft



Le copyleft est une méthode générale pour rendre un programme ou tout autre travail libre (d'utiliser, copier, distribuer, étudier, modifier et améliorer) et rendre toutes les versions modifiées ou étendues de ce programme ou travail libres.


Le copyleft est un système qui préserve la libre utilisation d'une œuvre mais l'auteur conserve ses droits de propriété. Dans le domaine public, il n'y a plus de droits de propriété.


Il existe une licence copyleft spécifiquement pour les œuvres textuelles: la GFDL (GNU Free documentation license).


Est-ce qu’on n'envisagerait pas d'utiliser la licence copyleft pour les travaux des consultants ou des chercheurs ou pour les rapports des organisations humanitaires ?


5. Numérisation ou digitalisation



La numérisation est simplement le processus de conversion d'informations non numériques en données numériques. J'ai écrit un article plus complet sur le numérique.


J'ai beaucoup travaillé sur la numérisation des système de suivi et d'évaluation, en utilisant la technologie mobile pour collecter des données par exemple. Au lieu de passer par ces étapes:

1. Impression des questionnaires

2. Envoi et remise des questionnaires sur le terrain,

3. Écrire sur le questionnaire avec un stylo (ou crayon)

4. Rapporter les questionnaires au bureau

5. Vérifier la qualité des données (et déchiffrer l’écriture des géomètres)

6. Saisir les données

7. Nettoyer des données

8. ET procéder à l'analyse


J'ai utilisé la technologie mobile qui m'a fait économiser les étapes 2 à 6 en temps et en argent - et alléger l'étape 7 en améliorant la qualité des données. Une fois le questionnaire conçu sur une plate-forme (disons Kobo):

1. Les enquêteurs téléchargent le questionnaire sur leur téléphone portable (et l'application Kobo si cela n'a pas été fait auparavant)

2. Ils saisissent les données de chaque questionnaire directement sur leur téléphone mobile

3. Ils envoient les données à la plate-forme Kobo lorsqu'ils disposent d'un réseau Internet

4. La base de données est disponible en temps réel et des contrôles de qualité peuvent être effectués tous les jours

5. Une fois l'enquête terminée, vous nettoyez votre base de données

6. Et vous procédez à l'analyse


Alors, convaincu par le pouvoir du numérique?


6. Technologie ou innovation de rupture



Une technologie de rupture ou une innovation de rupture vient du monde économique. C'est un processus par lequel une petite ou une nouvelle entreprise avec moins de ressources est en mesure de rentrer en competition avec une entreprise établie, en fournissant un service ou un produit à des clients dont les besoins n'étaient pas satisfaits par le marché.


Dans notre secteur, je penserais d'abord aux programmes monétaires comme une innovation de rupture parce qu’ils ont complètement changé notre façon dont on apporte l'assistance (ou service delivery) mais aussi notre approche, plus centrée sur l'humain dans nos programmes.


Autres exemples: les innovations technologiques telles que les outils d'enregistrement biométriques ou les téléphones mobiles avec leurs applications peuvent également être considérées comme des innovations de rupture.


Bien entendu, ces innovations de rupture nécessitent des cadres, des règles, des normes et des protocoles spécifiques pour «ne pas nuire» et respecter les droits et principes humanitaires! Il y a encore beaucoup de travail à faire, surtout avec l'accélération de l'utilisation des technologies.


7. Conception centrée sur l'humain


Croyez-le ou non, une étude assez récente d'Elrha indique qu'une minorité des innovateurs humanitaires consultent les populations affectées lors de leurs processus d'innovation!


En réponse à cette situation, plusieurs organisations ont commencé à plaider en faveur de l'utilisation de la conception centrée sur l'homme (ou human centred design en anglais - HCD) dans l'innovation humanitaire: apporter une participation communautaire significative à l'élaboration de solutions, de services ou d'assistance pour cette communauté.


En d'autres termes, concevoir des programmes avec les populations affectées.


Euh, je pensais que cela était déjà intégré dans notre cycle de programme humanitaire, non?


8. NBS



Avez-vous déjà entendu parler de NBS, nature-based solutions ou solutions basées sur la nature?


Vous pouvez trouver plusieurs définitions, j'en partage une avec vous de la Commission européenne.


Les solutions fondées sur la nature sont des «solutions inspirées et soutenues par la nature, qui sont efficientes et procurent simultanément des avantages environnementaux, sociaux et économiques et aident à renforcer la résilience. Ces solutions apportent plus, et de façon plus diversifiée, de caractéristiques et de processus naturels et de la nature dans les villes, les paysages et les paysages marins, grâce à des interventions systémiques, efficientes en ressources et adaptées localement."


Alors oui, la définition des NBS est très vaste (comme la résilience ou le nexus) et non, le concept n'est pas nouveau. Pour ceux qui ont passé du temps au Sahel dans les années 80, vous avez entendu parler de la technique zai pour restaurer les sols, technique bien décrite par Inter -Réseaux.


Mais si ce nouveau buzz word permet d’intégrer systématiquement la question environnementale dans les programmes humanitaires, alors je dis oui aux NBS !


9. Données responsables



Ce n'est pas parce que nous pouvons collecter et utiliser les données d'une certaine manière que nous devrions le faire.


Les données responsables sont un concept qui définit notre devoir collectif de prioriser et de répondre aux défis éthiques, juridiques, sociaux et liés à la vie privée qui découlent de l'utilisation des données dans notre travail.


Le prochain article portera sur les données responsables donc je garde plus d'informations et de surprises pour la semaine prochaine!


10. #Tech4good



Vous avez vu et entendu ce hashtag partout, mais qu'est-ce que cela signifie?


#TECH4good est un concept développé par les Nations Unies pour utiliser les technologies de l'information et de la communication (TIC) pour atteindre les 17 objectifs de développement durable définis par l’Organisation des Nations Unies.


Tous les autres concepts tels que le «numérique responsable» ou «les technologies responsables» ne sont pas inclus dans le mouvement #tech4good même si de nombreuses entreprises privées l'utilisent - sommes-nous déjà dans le «good wash» ??


Pour plus de mots à la mode, vous pouvez lire le dictionnaire du développement numérique!


Le post "Vous n'êtes pas un véritable innovateur humanitaire si vous ne connaissez pas ces buzz words" est apparu en premier sur # Future4Change


#innovationhumanitaire #actionhumanitaire #future4change #Tech4good #digitization #automation #copyleft #opendata #responsibledata #NBS #humancentreddesign #bigdata

203 views0 comments